Col du Stelvio

Col du Stelvio à partir de Prato (Montée de réf.) (48,5 km – 1850 m) ou à partir de Bormio (43,3 km – 1565 m)
Géographie

Le col du Stelvio (passo dello Stelvio) est le plus haut col routier des Alpes italiennes avec 2 758 mètres d’altitude. Reliant Bormio en Lombardie à Prato allo Stelvio dans le Trentin-Haut-Adige. C’est aussi le second plus haut col routier des Alpes après le col de l’Iseran (2 764 m). Le col, situé dans le parc national du Stelvio, se trouve au pied d’imposants sommets tels que l’Ortles, le mont Scorluzzo ou le Piz Umbrail.

La route du col, qui fait partie de la route nationale SS 38 — dite dello Stelvio —, est entièrement asphaltée et est généralement ouverte à la circulation entre fin mai et fin octobre ou début novembre, selon les conditions météorologiques. Le versant ouest est généralement ouvert au trafic un peu plus tôt. Pendant les mois d’ouverture, la circulation, principalement liée aux voyages touristiques et de loisirs, est intense, qu’elle soit motorisée ou non. Des centaines de motocyclistes s’y réunissent chaque année lors de la « rencontre internationale » qui a lieu la première semaine de juillet.

Vue du col du Stelvio depuis le piz da las Trais Linguas

Frontière entre le Trentin-Haut-Adige et la Lombardie, le col du Stelvio se situe au sud de Sulden, à 75 km de Bozen/Bolzano. Il relie la province de Bolzano/Bozen (Vinschgau/val Venosta, aux sources de l’Adige) à la Valteline

Sur le versant nord-est, la route a une longueur de 24,3 kilomètres et une déclivité de 7,4 %. Celle venant de Bormio permet également d’accéder au col de l’Umbrail 3 km avant le col du Stelvio et permet de rejoindre Santa Maria Val Müstair dans les Grisons. La route compte quatre-vingt-huit virages en lacets, dont quarante-huit du côté tyrolien et quarante du côté lombard.

Zone frontalière avec le val Müstair, en Suisse, le col se trouve au pied d’un sommet dénommé piz da las Trais Linguaspic des trois langues, puisque s’y rencontrent les frontières linguistiques entre italien (Valteline), allemand (Vinschgau) et romanche (val Müstair, canton des Grisons).

Plusieurs sentiers de randonnée partent du col, notamment le chemin menant à la Cima Garibaldi (2 843 m) et le chemin qui atteint le refuge Pirovano (3 028 m). Le col est le point de départ de chemins menant au cœur du parc national du Stelvio.

La construction de la route sous l’empire d’Autriche

Au début du XIXe siècle, l’importance militaire et la situation politique de l’époque, après la signature du traité de Vienne, entraîne l’empereur d’Autriche François Ier a créer une nouvelle route qui pourrait relier le val Venosta à Milan, ville faisant alors partie du territoire austro-hongrois, à travers la Valteline. 

Bien que la construction de la route se soit achevée en 1825, le temps de travail effectif a duré moins de deux ans en raison des pauses hivernales. Pendant les mois d’été, jusqu’à 2 000 ouvriers ont travaillé sur le chantier. Les six tunnels entre les Bagni Vecchio de Bormio et la maison du deuxième gardien dans les gorges de Braulio, qui représentent une longueur totale de près de 700 mètres, représentent les plus grandes difficultés de la construction.

Panneau contemporain du 22ème virage en épingle à cheveux

La route, particulièrement exposée aux avalanches, a nécessité la construction de tunnels de protection en bois contre les avalanches, d’une longueur totale d’environ 3 500 m, peu après l’inauguration. Sur le versant sud-tyrolien, 48 virages en épingle à cheveux ont été nécessaire pour un dénivelé total de 1 870 m et 34 du côté de la Valteline, pour un dénivelé de 1 530 m.

En juillet 1825, la « strada dello Stelvio » est inaugurée et ouverte, dans un premier temps, au service postal, puis à un véritable service de diligence qui met Milan en communication directe avec le val Venosta.

Une fois la route terminée, trois fortifications ont été construites par les Autrichiens à différents points de l’ascension du côté du Tyrol du Sud : le fort de Gomagoi, le fort de Kleinboden et le fort de Weisser Knott, qui faisaient partie de la « barrière de Gomagoi ».

Jusqu’en 1859, date de la deuxième guerre d’indépendance italienne et de l’annexion de la Lombardie par le royaume de Sardaigne, la route du Stelvio est praticable tout au long de l’année. 8 maisons cantonales (rottenhäuser) le long du chemin offrent l’hébergement et le changement de chevaux. Pendant les mois d’hiver, les personnes et les marchandises étaient transportées par des traîneaux tirés par des chevaux. Les points d’appui les plus importants ont été le Franzenshöhe et le IV Cantoniera, situé au col de l’Umbrail. Le trajet de près de 50 km entre Bormio et Prato, comprenant plusieurs changements de chevaux, prenait environ 9 heures.

Le Franzenshöhe en 1884,
… entre 1890 et 1900
… et aujourd’hui

Le col, frontière entre l’empire d’Autriche et le royaume d’Italie

Une diligence au col en 1881
Une voiture au col en 1908
La piste en 1908

Autre vue de la piste en 1908

Depuis 1897, la possibilité d’hébergement existe au col même avec la construction de l’hôtel Passo Stelvio (anciennement hôtel Ferdinandshöhe). Au IV Cantoniera, la route bifurque à travers le col de l’Umbrail (2 552 m) vers Santa Maria en Suisse. Ce tronçon de 13 km a été construit en 1900.

En 1928, avec la construction de la SS 38 dello Stelvio, l’ensemble de l’itinéraire a été consolidé, agrandi et pavé, créant une route à deux voies. Au col il y a un musée sur le thème de la construction de routes. Le tracé de la route n’a guère changé depuis sa construction.

Après le traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919, avec l’extension des frontières italiennes, le col perd son importance stratégique.

Pendant la Première Guerre mondiale, le col marque la frontière entre l’Empire austro-hongrois et le royaume d’Italie. La région est le théâtre d’affrontements amers entre l’infanterie autrichienne et italienne. Cependant, le col a été relativement épargné par le conflit mondial : la seule grande action militaire a eu lieu en juin 1915, quelques semaines après le début de la guerre, lorsque les Autrichiens ont réussi à occuper le mont Scorluzzo, qui dominait le col (sud-ouest). 

Cyclisme

Le côté sud-tyrolien du col, avec la route sinueuse.

Théâtre des exploits de grands champions, le col du Stelvio est une ascension historique du cyclisme, gravi à plusieurs reprises par le Giro d’Italia. L’ascension peut être classée comme difficile, avec une altitude maximale très élevée, ayant pour conséquence la raréfaction de l’air qui complique encore la montée. Les pentes des trois versants sont très exigeantes.

Les nombreux virages en lacets de la route, dont 48 sont numérotés sur des pierres sur le versant nord, constituent une attraction pour les deux-roues. Il est généralement ouvert de juin à septembre, selon les conditions météorologiques. Chaque année vers la fin août, lors du Stelvio Bike Day, le col est fermé aux véhicules motorisés pendant une journée et il est escaladé par 8 000 cyclistes.

La montée la plus difficile est celle du Tyrol du Sud qui, à partir de Prato allo Stelvio (915 m), monte sur plus de 24 km avec des pentes qui augmentent progressivement jusqu’à 12 % sur le dernier kilomètre. La première partie de la montée (les 8 premiers kilomètres) est la moins raide avec des pentes autour de 5 %, puis passé le carrefour pour Sulden après un léger plat, commencent les 48 virages en épingle à cheveux avec des pentes moyennes autour de 8-9 %. La déclivité est ensuite relativement régulière jusqu’au col, hormis les derniers kilomètres plus raides que les précédents. La pente moyenne est de 7,4 %, le maximum de 14 % pour une différence d’altitude globale supérieure à 1 800 m.

Du côté lombard, la montée commence à Bormio (1 225 m). Longue d’environ 21,5 km et dotée de 40 virages en épingle à cheveux, la route monte régulièrement sur 15 km jusqu’à Pian di Grembo, un tronçon d’environ un kilomètre aux pentes plus modestes. Les 3 derniers kilomètres, les plus durs, se situent en moyenne à 8 %. La pente moyenne globale est de 7,1 %, le maximum de 12 % (entre les kilomètres 10 et 11) pour une proéminence topographique globale d’un peu plus de 1 500 m.

Les virages du côté valtellinais

Le troisième accès au col part de Santa Maria Val Monastero (1 375 m), dans la commune suisse de Val Müstair, et s’étend en grande partie sur le territoire suisse, puis rejoint le col de l’Umbrail (2 503 m) à environ 3 km du col du Stelvio. L’étroite route qui mène au col italo-suisse fait environ 13 km, avec des pentes atteignant 12 % et une différence d’altitude qui dépasse 1 100 m, auxquels s’ajoutent les 250 derniers mètres sur le territoire italien pour un total de près de 1 400 m. Les 2,5 derniers kilomètres sont asphaltés depuis 2015.

Deux courses cyclistes sont organisées chaque année pour les amateurs sur les routes du col du Stelvio :

  • début juillet, l’US Bormiese organise une compétition du côté de la Valteline à partir de Bormio,
  • à la mi-juillet, l’ARSV Vinschgau organise une compétition du côté du Tyrol du Sud à partir de Prato allo Stelvio

Tour d’Italie

Aldo Moser passe à travers les murs de neige du Stelvio lors du Giro d’Italia 1965

La course au maillot rose a affronté le col du Stelvio 12 fois, 7 du côté du Tyrol du Sud et 5 de la Valteline, et à 4 reprises l’arrivée de l’étape a été placée au col. Depuis 1965, le Stelvio a été Cima Coppi dans chaque édition où le Giro l’a traversé, étant le point culminant atteint par la course. L’inclusion du col dans le tracé du Giro présente toujours des risques logistiques : fin mai ou début juin, les conditions météorologiques dans les Alpes ne sont pas encore complètement stabilisées et des chutes de neige sont encore possibles, avec le risque conséquent de détourner ou d’annuler l’étape.

Le col est entré dans le monde du cyclisme en 1953, lorsqu’il a été inclus pour la première fois au Giro d’Italia. À cette occasion, le Stelvio a été le théâtre d’un des derniers grands exploits de Fausto Coppi : dans l’avant-dernière étape, de Bolzano à Bormio, le champion de trente-quatre ans a détaché le leader du classement, le Suisse Hugo Koblet, a conquis le maillot rose et a remporté son cinquième et dernier Giro, un record co-détenu avec Eddy Merckx et Alfredo Binda.

Stèle en l’honneur de Fausto Coppi, située au col


Programme 1 : Passo dello Stelvio (2758 m) depuis Prato

 Informations

Nom :Passo dello Stelvio
Altitude :2758 m
Départ :Prato
Longueur :25.30 km
Dénivellation :1842 m
% Moyen :7.28%
% Maximal :9.5%
Massif :Massif de l’OrtlesItalie

Commentaires :

Un superbe col, la Mecque du cyclisme. Le départ n’a rien d’exceptionnel et longe le puissant torrent. Après un longue grimpée, le premier lacet arrive, numéroté 48. S’ensuit une succession de lacets en forêt, et tandis que l’on prend de l’altitude, les glaciers s’offrent à nous. Au 24ème virage, si je ne me trompe pas, on voit enfin le col, loin, très loin au dessus des lacets qu’il reste à parcourir. La pente est très régulière et dans un cadre comme celui-là, on en oublie la souffrance pour profiter de cette ascension magique. La circulation, fin août, n’est pas plus importante que dans le Galibier par exemple. J’ai déjà envie d’y retourner.

Mon plus beau souvenir de cycliste. Ce col est magique, il y a tout le début dans les arbres et au bord d’une rivière et après Trafoi, ces 48 épingles à flanc de montagne dans un décor de rêve à couper le souffle. L’arrivée au sommet est un grand moment la musique, les bousculade pour prendre une photo, les nombreuses boutiques et restaurants le tout dans une ambiance de kermesse et d’odeurs de saucisses. Certains détestent moi j’adore Avec le Ventoux,
les deux endroits mythiques de tout cycliste.

Les 48 virages en 3D sur Komott. Le lien vous mène tout près. Passer en 3D.

Les autres montées disponibles :

Itinéraire depuis Prato

Caractéristiques principales :

  • Distance Aller-Retour : 48,28 km
  • Dénivelé : 1850 m (le calcul de gpx studio à 2027 m est faux)

Départ : 60 via Croce, à Prato, avec possibilité de se garer sur le parking en face de l’église.

A la sortie de Prato, suivre la SS38 qui va jusqu’au col.

Restauration possible au sommet.


Programme 2 : Passo dello Stelvio (2758 m) depuis Bormio

 Informations

Nom :Passo dello Stelvio
Altitude :2758 m
Départ :Bormio
Longueur :22.00 km
Dénivellation :1543 m
% Moyen :7.01%
% Maximal :9.5%
Massif :Massif de l’OrtlesItalie

Commentaires :

Un sacré col ! L’effervescence de la mi-journée contraste avec le calme que l’on peut rencontrer en fin de journée.
Superbe montée avec un panorama extraordinaire au sommet.
Les derniers kilomètres sont les plus durs et le manque d’oxygène se fait sentir.
Une montée mythique qui mérite amplement sa réputation.

Revêtement très sain, les courbes régulières permettent d’anticiper dans les tournants.
Le pourcentage est absolument identique du début à la fin. C’est un grand classique qui se monte et se descend les yeux pleins d’étoiles.
J’ai eu la chance d’une météo idéale fin août 2016, juste le coupe-vent en descente pour ne pas prendre froid.
La descente est particulièrement plaisante car le paysage est très ouvert avec la cascade impressionante qui alimente une turbine électrique (grosse dynamo). La route est bien dessinée, sans mauvaises surprises, on peut choisir ses trajectoires.
Attention toutefosi aux motos et voitures très nombreuses. Hé oui! Ce col mythique attire beaucoup de monde. Au sommet, on peut s’incliner sur la stèle Fausto Coppi et acheter un maillot STELVIO.

Les autres montées disponibles :

Itinéraire depuis Bormio

Caractéristiques principales :

  • Distance Aller-Retour : 43,26 km
  • Dénivelé : 1565 m

Départ : 60 ou 75 via Milano, Bormio, avec possibilité de se garer sur le parking en face du Café Le Corti

A la sortie de Bormio, on prend la SS38 qui va jusqu’au col.

Restauration possible au sommet.